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Mariage
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J vers 1560
Marchand à Boulogne et Wissant. Nous ignorons son origine, mais il est probable qu'il est venu de la région de Samer. Marchand à Boulogne, célibataire en 1556, année où « étant jeune filz a il fut parrain de Josse Hibon. Le 6 avril 1564 il est parrain de Claire de Calais, fille de Pierre de Calais, aussi marchand à Boulogne. Était-il parent de Suzanne Gennot qui est mentionnée une seule fois, le 8 février 1562, dans les registres de la paroisse de Saint-Nicolas comme marraine de Robert du Moutier ? Lorsque en 1550 Boulogne fut rendue à la France par les Anglais après le siège malheureux de 1544, peu de ses anciens habitants revinrent s'y installer et nous trouvons, spécialement chez les marchands, de nombreux noms nouveaux; par exemple: Gilles Hamerel, brasseur, venu de Waringuezelle (Audinghen), Pierre de Calais, marchand, très probablement parent de la famille Calais d'Audinghen, Mansse et Le Porcq de Marquise, Vaillant d'Hucqueliers, Maréchal de Samer, Dacquin de Preures... et aussi Jean Géneau qui devait être originaire de Samer ou de ses environs car autrement comment expliquer que son fils Léonard Géneau se soit marié avec Marie Behelle, fille d'un laboureur de Longuerecque, hameau de Samer. Jean Géneau se maria vers 1560 avec Annette Parenty, fille de Robert Parenty, échevin de Boulogne, et de Jeanne Fourmanoir (ou Formanoir). Jean Géneau paraît à plusieurs reprises dans les comptes de la ville de Boulogne en 1563 où il prend à ferme le « droit d'échopperie a moyennant 26 livres, et pour divers paiements.
Nous ne trouvons pas trace de son décès qui eut lieu avant 1590, année où Robert II de Parenty, mayeur de Boulogne, fait, par son testament, un don à « Annette de Parenty sa sueur, veuve de Jean Géneaulx son beau-frère a. Pourquoi ses enfants émigrèrent-ils à Wissant ? Il y a tout lieu de croire que ce fut pour fuir l'épidémie de peste de 1596. Cette maladie était endémique dans la région où elle était parfois simplement appelée la « contagion a. Le registre des délibérations de l'échevinage de Boulogne (livre verd) nous montre qu'elle est le souci constant des mayeur et échevins. Les habitants soupçonnés d'être atteints de la contagion, souvent confondue avec la lèpre, étaient mis en demeure de se rendre à la léproserie de la Madeleine, située hors de la ville, à l'extrémité (alors) du quartier de Bréquerecque. Un médecin (saigneur) des malades était nommé; en 1564 ce fut Claude Ateignan. En 1561 « pour éviter au danger de la peste à présent régnant dans cette ville et attendu qu'il ne s'est pu recouvrer aucun pour porter les corps infectés que Antoine Bloquel dit Sépulture, avons reçu ledit Bloquel audit état de porteur a, et on fixe ses gages qui sont différents par temps pestiféré et durant le temps non pestiféré. En 1563 on lui paye 36 livres « pour avoir porté les corps morts du mal de peste pendant dix-huit semaines a. Le transport se faisait avec une brouette. La même année il est payé 22 livres à Jean Genton, chirurgien « pour soigner les malades touchés de la peste parce que de ce fait il se met en péril et danger a. A sire Martin Wastebled, prêtre, pour confesser les pestiférés 18 livres par an hors peste et 20 sols par mois en temps de peste. En 1583 on signale que « la maladie contagieuse règne, continue et augmente de jour en jour en cette haute et basse ville a. Mais c'est en juillet 1596 que la plus forte épidémie que Boulogne ait connue se déclare. Maître Marin Boulanger, curé de Saint-Nicolas, fut atteint un des premiers; son remplaçant, Maître Philippe Glachon, mourut à son tour un mois après. Beaucoup d'habitants quittèrent la ville pour se réfugier aux environs. Les registres des naissances, mariages et décès ne furent plus tenus. Le 1" octobre Maître Des Mares, nouveau curé de Saint-Nicolas, note que le jour de sa prise de possession de la cure il fut enterré 72 corps, tant en haute que basse ville, par les membres de la Confrérie de la Charité qui s'était constituée pour ensevelir les cadavres restés sans sépulture. Le 8 août ils en inhumèrent 25. Le maître de cette confrérie, le marchand Nicolas Dergny, succomba lui-même le 6 octobre quelques jours après sa femme. Des familles entières furent atteintes comme celle de Pierre Hibon qui, parti le 19 juin pour un voyage d'affaires en Hollande, revint à Boulogne le 3 août pour trouver sa femme mourante et six de ses enfants décédés. Robert Évrard et sa femme Marguerite Godart, meuniers du moulin « Écoute s'il pleut a situé sur le ruisseau des Tintelleries à l'extrémité de la rue du Vivier, sont emportés à quelques jours d'intervalle, le moulin est abandonné et, en 1615, on constate qu'il « est démoli et ruiné par les vents et les eaux a et que les matériaux ont été pillés par les voisins. Au début de 1598 l'épidémie semble avoir cessé mais nombre de familles ne revinrent pas et parmi elles, fixées à Wissant, la famille Géneau et aussi les familles Évrard et Maréchal que nous retrouvons parmi les ancêtres de la famille Delattre d'Audinghen.
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